La greffe de cellules va changer la vie de certains diabétiques

Percée révolutionnaire pour les diabétiques. L’assurance maladie vient de reconnaître une nouvelle thérapeutique : la greffe d’îlots pancréatiques. Facteur de rupture scientifique, cette intervention chirurgicale permet aux patients d’éviter les injections d’insuline. Le résultat de quinze années de recherche dans un laboratoire public de recherche sur le diabète à Lille, dans le Nord.

« C’est la première greffe remboursée depuis la greffe pulmonaire il y a 20 ans », précise François Pattou, chirurgien et co-fondateur de l’Institut de recherche sur le diabète (EGID). Lui et son équipe travaillent depuis quinze ans sur cette alternative à l’insulino-dépendance.

Forme auto-immune de la maladie

« Pendant toute cette période de recherche, une soixantaine de personnes ont bénéficié de cette greffe à Lille, certaines à Strasbourg aussi, et ça marche, explique François Pattou à 20 Minutes. Plus des trois quarts des patients ont un greffon viable dix ans après la greffe.

Ainsi, la Haute Autorité de Santé (HAS) a décidé de démocratiser le traitement chirurgical applicable aux diabétiques de type 1, dont la forme auto-immune de la maladie est la plus grave. Chez ces personnes, les cellules du pancréas sont détruites par les cellules immunitaires, entraînant la disparition de la sécrétion d’insuline. C’est cette hormone qui entraîne la diminution du taux de sucre dans le sang.

« Plus besoin d’effectuer des injections »

Si le type 1 ne représente que 5 à 10 % des patients diabétiques, les conséquences sont souvent très graves. Cette maladie était d’ailleurs mortelle avant qu’un contrôle par des injections d’insuline ne soit possible. « Grâce à cette greffe, les patients n’ont plus besoin de subir ces injections dont l’inconvénient est leur relative efficacité », souligne François Pattou.

Le chirurgien a donc supposé que les cellules détruites pouvaient être remplacées par une greffe. « Les îlots sont des cellules très rares cachées à l’intérieur du pancréas. On en prend une petite quantité, l’équivalent d’un dé à coudre, pour faire une greffe », raconte-t-il. La production de ces îlots est réalisée dans l’équipe du laboratoire du Pr Julie Kerr-Conte, avec le suivi des personnes diabétiques en charge du Pr Marie-Christine Vantyghem. « Désormais, on peut s’attendre à réaliser entre 100 et 200 greffes par an », précise François Pattou. Et cette thérapeutique doit se développer dans toute la France. 🇧🇷

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