Téléconsultations – Les limites en perspective – Actualités

Depuis le 30 septembre, les téléconsultations ne sont plus prises en charge uniquement par les mutuelles. Comme pour les consultations classiques, la note est partagée avec la mutuelle.​​​​​​

Lancé en avril 2020 pour faciliter les consultations dans le contexte de la pandémie de Covid-19, prolongé jusqu’à cet été en raison des tensions hospitalières, le remboursement à 100% des téléconsultations par la seule assurance maladie vient de prendre fin. Concrètement, cela ne changera pas grand-chose pour les personnes bénéficiant d’une complémentaire santé. La prise en charge revient simplement à la normale, répartie entre la sécurité sociale et la médecine complémentaire selon l’habituel équilibre 70%/30%, du moins si la cure est respectée, c’est-à-dire si le médecin traitant est préalablement consulté. La téléconsultation et le conseil traditionnel sont finalement placés au même niveau. Y compris pour déduire la franchise d’un euro.

La téléconsultation, prévient l’assurance maladie, ne sera remboursée que sous plusieurs conditions. L’exception Covid vécue : elle doit être réalisée auprès du médecin traitant, sous peine de remboursement réduit à 30% au lieu de 70%. Si ce n’est pas le cas, par ex. B. si vous consultez un spécialiste, celui-ci doit avoir été signalé par le médecin qui vous traite conformément au cahier des charges du parcours de soins coordonné. La règle d’origine d’avoir été vu par ce médecin « correspondant » auparavant a été supprimée. Cependant, le suivi médical ne peut se faire exclusivement à distance : il faut alterner la consultation au cabinet et la téléconsultation.

Plusieurs exceptions à ce modèle sont autorisées. La téléconsultation avec un gynécologue, un ophtalmologiste ou un psychiatre est autorisée, comme pour les heures de consultation classiques, sans inconvénients de coût et en sautant la case du médecin affilié. Les enfants (moins de 16 ans) qui n’ont pas besoin d’être inscrits auprès de leur médecin de famille ne sont pas non plus obligés de passer par le parcours de soins pour une téléconsultation. Surtout, les personnes sans médecin traitant peuvent se voir accorder le droit à la téléconsultation sans conditions après s’être signalées à leur caisse de base d’assurance maladie (CPAM). Cette situation est tout sauf exceptionnelle : au moins 6 millions d’assurés sociaux dépendent d’un médecin. Une anomalie qui risque de s’aggraver compte tenu de la pénurie médicale généralisée dans notre région.

Arrêts de travail trop faciles

Enfin, si le médecin traitant n’est pas joignable « dans un délai adapté à l’état de santé », la téléconsultation est également remboursée au tarif maximum, quel que soit le parcours de soins. Cette possibilité est aujourd’hui problématique, si l’on en croit le directeur général des caisses d’assurance maladie, Thomas Fatôme, car elle ouvre les vannes aux plateformes de téléconsultation comme Livi, Qare etc. Dans ce contexte, on leur reproche d’être trop négligents en prononçant des interruptions de travail à des patients qui ont aussi un médecin traitant. La loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2023 prévoit que les pauses acquises en dehors du médecin traitant ne seront plus indemnisées. Il n’en demeure pas moins que les personnes ayant un médecin traitant ont de réelles difficultés à obtenir un rendez-vous suffisamment rapide pour justifier leur absence chez leur employeur…

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